mardi 26 avril 2016

Table

 

J'ai ce souvenir d'un gâteau posé sur la table. Un gâteau maison en forme de coeur. Tout un symbole. D'amitié. D'amour. De sentiments très positifs, en tous cas, illuminant le cockpit de notre vaisseau improbable. Nous étions quatre bons copains autour de la table.  L'espace était réduit, bien sûr, mais c'était le tien, tu nous as accueillis, dans ta générosité, on se serrait les mains et le coeur et on racontait des blagues. J'ai ouvert la fenêtre pour entendre les oiseaux. Nous avons mangé le gâteau. C'étaient des petits riens. Des petits riens du tout. Mais des petits riens qui ont compté beaucoup.





A Blutchy

lundi 25 avril 2016

Famille

Augustin, mon petit neveu
Deux enfants couraient sous la pluie dans le parc aux amples buissons humides. Ils se cachaient sous le grand sapin, au tapis aiguilleté de mousse, et grimpaient dans la charmille du kiosque. La neige d'avril s'accrochait en diamants aux pousses des jonquilles.
Deux enfants jouaient sous la pluie avec des bouteilles d'eau de fleur d'oranger, dont le verre violet luisait dans le soir. Le parfum doucereux se mêlait à celui des premiers iris. Le train Biziballe démarrait sur la margelle. Ces deux enfants insouciants, c'était moi, et mon petit frère Gilou. 
Et depuis samedi, Gilou est grand-père d'un Augustin...


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dimanche 24 avril 2016

A 11 heures 30 précises

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Si j'avais été à la mer, j'aurais entendu la corne des thoniers revenant au port, environnés d'un nuage de goélands, avec dans le fond les vrais nuages, les gris et blancs,  qui auraient filé vers l'horizon comme des chevaux pressés.
Si j'avais été à la montagne, je serais rentrée de randonnée fourbue et j'aurais délassé mes pieds dans la fontaine de la place, sous l'oeil coquin des habitués du bar des Alpes.
Si j'avais été chez mes parents, j'aurais déjà été en train de dénoyauter les olives et de dessaler les anchois pour la salade niçoise, parce que mon père mange à midi.
Mais j'étais chez moi, à onze heures trente précises, et je crois que j'ai bu un verre d'eau en regardant tomber la pluie.


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samedi 23 avril 2016

Sondage d'opinion

Imaginons que vous soyez mon panel représentatif pour enquête d'opinion expresse.
Vous aimeriez ça,  être un panel ? Moi j'aime bien ce mot. Il est doux. On dirait un nom de pain moelleux. Qu'est-ce que ce sera pour vous ma petite dame ? Donnez-moi un panel aux olives.
Mais je m'égare... Eh bien, si vous étiez mon panel, je sais quelles questions je vous poserais...Oui ou non, est-ce que vous n'en avez pas marre de moi ? Voulez-vous encore de mes petits délires quotidiens ? Echangeriez-vous votre baril de Célestine contre deux barils de lessive ordinaire ?  Et tout cette sorte de choses...

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vendredi 22 avril 2016

Je renonce ...

Je crois que la seule chose à laquelle je vais renoncer aujourd'hui, c'est à écrire un billet sérieux sur le thème du renoncement. J'ai essayé. 
Mais c'est d'un chiant incommensurable et perpendiculaire... On part tout de suite dans les trucs métaphysiques du style « La vie est une longue suite de renoncements, et gna gna gna  » vous voyez le genre...On est obligé de parler de choses tristes auxquelles personne n'échappe. Bref, de quoi plomber l'ambiance. 
Non, sérieux, mais plus légèrement, dans les petites choses du quotidien, vous avez déjà vu un bélier renoncer à quoi que ce soit ?

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jeudi 21 avril 2016

Plaque de rue

Je dois être encore un peu ailleurs, dans ma tête, car je me suis réveillée pleine de mon dernier rêve de la nuit.  J'avais rêvé qu'une belle voiture était garée devant ma porte, une belle voiture rutilante et avec mon nom sur la plaque, et qu'elle m'emmenait très loin, dans une ville inconnue. J'arrivais dans cette ville mystérieuse, et tout ce que je savais, c'est que j'avais rendez-vous Rue des Etoiles, la deuxième après Jupiter. 


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mercredi 20 avril 2016

Rouge


Afficher l'image d'origineJe suis tombée amoureuse. D’un arbre. Un arbre extraordinaire que je n’avais jamais vu. Un arbre qui agite comme des milliers de mains ses feuilles fines et élégantes. Il n’a pas l’air de vouloir jouer les matamores. A côté de lui, les marronniers ont l’air de gros lourdauds en vert massif. Il rayonne d’un éclat étrange et magnétique. On ne voit que lui. Il ne fait pourtant pas de grands effets, mais il a une classe folle.

C’est le cédrèle, ou acajou de Chine. Un acajou très particulier, pas rouge et paré d’un incroyable feuillage de couleur ...rose ! Tel un immense et très célestinien sorbet à la fraise.




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mardi 19 avril 2016

Mains touchées

Mes mains ont promené leurs doigts dans des réalités augmentées, des environnements interactifs, des paysages immersifs, haptiques. J'ai touché des sables d'or et des algues vertes, décortiqué des coquillages fins et des pinces de crabe, effleuré le génie de l'architecture, suivi le trait blanchi d'un avion en partance sur un ciel déchiré. J'ai touché du doigt la vie dans ses aspérités merveilleuses, dans sa folie offerte, dans sa grandeur simple d'humanité. Mes mains en corolle ont  attrapé un coeur rafraîchi par le vent et la pluie pour le réchauffer comme un oiseau hagard. 
Mes mains ont été touchées par la grâce de ce coeur-là. 


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Ça n'aurait pas dû se passer ainsi

Mais vraiment, non Raymond, je ne puis te laisser dire une chose pareille. Qui es-tu pour penser que ma journée ne fut pas parfaite ? Etais-tu là au moment du petit déjeuner, ou les rayons obliques du levant allumaient de petits éclairs d'or sur les joues et dans les yeux ?
As-tu goûté au café et aux croissants en laissant scintiller les vagues de la Saône dans ta tasse ? Aurais-tu tu dit cela si tu avais, comme moi, arpenté la petite chapelle un pendule à la main pour en sentir les énergies telluriques ? Pouvais-tu imaginer le bonheur de voyager entre amis ? Ou celui de s'asseoir dans le jardin japonais ?...Non vraiment Raymond...


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dimanche 17 avril 2016

Chaleur de...

Le vent a tourné au nord subitement après les pluies chaudes de la nuit. Un vent aigre qui a transformé le printemps en petite fin d'hiver. Les canards sur la Saône en étaient ébahis. 
Et pourtant, la chaleur de l'humain n'a cessé de couler aujourd'hui. Dans les échanges autour d'un verre, d'un repas végan délicieux, dans les regards admiratifs sur les collections du Musée des Confluences. Ah ce musée...Incroyable construction de verre et d'acier, verrue géante ou oeuvre de génie? Bref, la chaleur si douce partout malgré le gris.


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