lundi 25 mai 2015

Contre

Contre toi je ressens des vibrations parcourir tout mon corps comme une houle.
Contre toi j'oublie tout.
Je sens comme une mélodie qui parcourt mon épiderme et qui froisse doucement ma peau.
Contre toi j'ai des frissons ondulant comme les blés sous le vent de juin.
Contre toi j’oublie tout.
 Je me laisse emporter dans ta fougue ou ta caresse, c’est toi qui donnes le tempo.
Contre toi, la nuit est chaude et les petits matins bleu gris.
Contre toi j’oublie tout, les chagrins, les sortilèges, et les découragements.

Contre toi depuis toujours, je me sens bien, ma chère guitare.


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dimanche 24 mai 2015

Mécanique

Prenez une Célestine en mode horizontal, allongée en tenue d’Eve sur une serviette en bouclette fuchsia. Saupoudrez de calme et de lumière.
Ajoutez la course du soleil dans les feuilles de palmier, le cyprès bleu caressant de sa langue d’ombre l’octogone turquoise de la piscine, et les grains de temps qui roulent sur la lente après-midi de mai. Soupirez d’aise.

Regardez-la méditer sous le vent doux. Pchhhhhh !!! Imaginez le bruit chuintant des planètes qui tournent inlassablement, comme elle,  dans un engrenage cosmique d’une inexorable précision. Vous aurez une idée assez juste de ce qu’est la mécanique « céleste ».


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samedi 23 mai 2015

Hitchcock en aurait fait un film


J’en avais des sueurs froides, j'étais sans aucune force, je me suis dit que je n’allais pas ainsi laisser s’installer la psychose dès le matin, alors que les oiseaux chantaient divinement dans les grands aulnes frémissants du parc. J’aurais bien crié, comme les haltérophiles russes, mais ici, le matin, c’est la loi du silence, les voisins n’aiment pas être dérangés. Après ce sont les regards ironiques pleins de soupçons sur un éventuel complot de famille, ou sur les joies matrimoniales… Alors j’ai mis mes mains en étau, et j’ai fini par l’ouvrir, ce putain de pot de confiture…


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vendredi 22 mai 2015

Assez de...

Aujourd’hui je t’ai écouté, mon fils chéri, me dire tes doutes, ton découragement,  ta fatigue. C’était difficile pour moi d’être là, au bout de ce fil qui pend dans le vide, et de ne pas pouvoir te serrer dans mes bras.
Mais j’ai assez de joie dans mon cœur pour effacer ce nuage, assez de force pour te tenir à bout de bras si tu t’écroules, assez d’espoir pour t’insuffler une grande inspiration de goût de vivre.

Il y a  assez d’amour entre nous pour que nous tracions par-dessus les moulins une ligne de chance où se poseront des milliers d' hirondelles.



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jeudi 21 mai 2015

Une photo qui me touche

 Quelle chance de vivre au siècle de la photographie…Ainsi, l’on peut retrouver dans une boîte en carton bleu, des images enfuies dont l’émotion nous étreint. Je regarde les visages de mes trois enfants, mes trois merveilles, je caresse du doigt leur blondeur douce, dans la lumière si belle du matin. Solitaire dans ce bureau je me rassure en me disant qu'aujourd'hui j’en suis fière. Ils ont crû, embelli, ils ont  réussi. Mais soudain, dans le silence, et le brouillard qui monte de mon café fumant, mes yeux se troublent et il me semble que nettement, j’entends leurs cris dans le jardin...
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mercredi 20 mai 2015

Consigne

Je déteste le mot consigne. Il a un goût de vert-de-gris. Il me fait penser à ce pauvre allumeur de réverbère. Le mot est laid. Il est à la poésie ce que le sachet plastique usagé est au jardin. Une verrue.
Un con signe et persiste. Appliquer les consignes sans réfléchir peut nuire gravement à la santé. On pourrait même dire qu’obéir tue, parfois.

Je n’aime que deux consignes : celle de la gare, pour son odeur de vacances. Et celle que me donna ma grand-mère un soir de grand soir : « Surtout, n’en fais qu’à ton cœur. »


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mardi 19 mai 2015

Projet

En ce premier jour du reste de ma vie, ne me demandez pas mes projets pour les quarante années qui viennent.
Je ne suis même pas capable de prévoir le temps qu’il fera demain matin avec certitude, et je ne sais pas non plus la couleur du camion qui m’arrachera peut être à la vie sur une place en plein soleil. Ce sera peut-être demain. Ce ne sera peut-être jamais. Ce qui m’intéresse, voyez-vous c’est simplement de savoir que ma vie sera pleine, facétieuse, surprenante, voluptueuse, triste ou agitée. Et que chaque instant coulera en moi comme les perles d’un sablier. 




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