samedi 25 juillet 2015

Mauvais moment, mauvais endroit...

Au bar. Un couple. Ils discutent âprement. Apparemment madame n’aime pas Paris. Trop peuplé, trop sale, trop grand.

Monsieur rétorque qu’il en a vraiment assez de la campagne et qu’il aimerait bien pouvoir arpenter tranquillement le bitume, de temps en temps, si ce n’était pas trop demander. Je souris au serveur italien. Je me dis que cet homme agacé, derrière moi, doit avoir l’impression désagréable de se trouver au mauvais moment, au mauvais endroit. Au contraire, je me trouve là où je voulais être, quand j’en ai envie. Pourquoi se gâchent-ils mutuellement la vie ? pensé-je en sirotant mon diabolo.



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vendredi 24 juillet 2015

Un parc d'attraction

On pourrait considérer que l’existence présente parfois des similitudes avec un parc d’attraction. On y rencontre des gens riant trop fort pour être vraiment heureux. On y sent comme une tristesse derrière les couleurs vives. Elle nous malmène en montagnes russes, des hauts rutilants aux bas morfondus. Plus loin, ces longues périodes de peur, où nous tremblons de tous nos os, c’est le train fantôme. Il arrive que l’on se cogne aux problèmes comme aux parois angoissantes du labyrinthe.
Mais quand l’amour nous emporte, c’est comme mille manèges qui nous embarquent dans leur étourdissante ronde et nous laissent un peu groggys.


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jeudi 23 juillet 2015

Toujours vieux

Tu as raison, Reynald, mon ami, il y a des gens qui gardent un esprit élastique, ouvert, souple, jeune en un mot. Capable de s’adapter à des situations imprévues, à des changements de programme intempestifs, aux virements de bord des fluctuat nec mergitur de la vie…
Et à tout à côté, il y a ceux qui sont toujours vieux dans leur tête. Dans le sens moisis. Sclérosés. Les noyés dans un verre d’eau, les frileux de l’habitude, qui tremblent dès que l’on s’éloigne du bord. 
Et comme dirait Bébert, du café du commerce, c’est pas une question d’âge…


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mercredi 22 juillet 2015

Encore jeune

Comment ça, « encore » jeune ?

C’est agaçant à la fin,  cette façon de toujours placer un adverbe devant le mot jeune…A dix ans, on est « trop » jeune, à vingt ans on est « très » jeune, à trente ans « assez » jeune, à quarante, « toujours » jeune, à cinquante…  « encore jeune ». Nous y voilà. Viendra le temps où l’on sera « plus tout jeune » pour finir par être enfin « vraiment vieux ». Entre temps l’on aura essayé d’attraper la vie dans un filet à papillons dont les mailles sont trop lâches.



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mardi 21 juillet 2015

Le destin

Je scrute un horizon sans nuages. A peine troublé par la fumée qui monte de mon bol de café. Un vent léger froisse le bouleau. Les choses sont. Simplement. Sans attribut du sujet ni complément d’aucune sorte. Nageant les yeux mi-clos dans un poème de Verlaine, je goûte au plaisir d’être, moi aussi.

Et là, il y a deux écoles. Ceux qui se rongent et se gâchent en se disant que ça ne peut pas durer, que le destin va encore frapper. Et ceux qui, comme moi, repoussent cette idée parasite. Parce que ça ne change rien. Mais que ça change tout.



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lundi 20 juillet 2015

Ce qui a un sens

De retour chez moi, j’observe avec circonspection le tas de linge qu’il va falloir laver. Le frigo qu’il va falloir remplir. Les moutons qu’il va falloir chasser sous les meubles. J’ai l’impression de n’écrire que des gros mots depuis trois phrases. Mais être un pur esprit n’étant pas possible, il convient de céder à ces viles contingences d’un air gracieux, pour leur rendre une sorte de confuse élégance. Version Blanche Neige et ses petits zozios, époussetant joyeusement le logis des nains.

Ce qui a un sens, alors, c’est de chercher les correspondances entre les nécessités triviales du corps et les palpitations de l’âme.


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