jeudi 6 août 2015

Violet

Dans ce coin qui parle à mon cœur depuis toujours, trois couleurs prédominent.
Le bleu intense d’un ciel lavé, épuré, ruisselant de la chaleur de midi ou bleu turquoise des rivières bondissant dans les rochers qui scintillent au couchant. Jaune pâle des tournesols oscillant au vent en éclairant les vallons de leur lumière. Vert émeraude des collines et des forêts de pins cembros.

Et puis soudain, ça et là, accrochant l’œil et griffant l’âme de sa splendeur, une touche de violet rappelle au promeneur qu’au pays de Giono règne la lavande, avant même que son odeur douceâtre ne lui prenne le nez.



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mercredi 5 août 2015

Offre spéciale

Olga et moi décidons de nous rendre à une invitation à l’apéritif du nouveau restaurant du coin. Les nouveaux propriétaires ont ôté le « s » de lilas, sans doute pour faire genre, écrit « ginguette » au lieu de guinguette, et « acceuil » pour « accueil ». Trois fautes sur un carton de quatre centimètres sur sept, ça fait mal ! Mais admettons.

Cela se corse quand nous arrivons. On nous parque dans un coin, personne ne vient s’enquérir de nous, la musique est trop forte et les gamins qui braillent dans le château gonflable nous atomisent les tympans. Nous quittons ce lieu sans regret de n’avoir profité de l’offre « spéciale bienvenue »…
Spéciale bienvenue...
Lol.



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mardi 4 août 2015

Virilité

Dans le fatras contradictoire de mes spires intérieures, je crois posséder une part de virilité, qui, comme disait Izia Higelin l’autre jour, fait peur aux hommes.

Evidemment, je suis très féminine en apparence. Féminine, mais certainement un peu féministe sur les bords. C’est là que se pose l’ambiguïté. Car pour défendre l’intégrité et les droits des femmes, il faut savoir se battre, ne pas être trop conciliante, prendre la parole et porter dignement un étendard. Et pourtant je ne suis pas intégriste du féminisme.
 J’aime les hommes.
 Je veux juste qu’ils ne me marchent pas sur les couilles.


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lundi 3 août 2015

Phrases entendues

Aujourd’hui, j’ai revu Art, de Yasmina Reza.
« Si tu es toi parce que tu es toi, et si je suis moi parce que je suis moi,  alors je suis moi et tu es toi. Si, en revanche,  je suis moi parce que tu es toi, et si tu es toi parce que je suis moi, alors je ne suis pas moi et tu n’es pas toi. »
Une des phrases entendues les plus amusantes de la pièce.

Si vous avez une heure vingt-sept devant vous, cliquez et jouissez de ce pur moment intelligent, extrêmement drôle et bien joué.


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dimanche 2 août 2015

Horizontales et verticales

La montagne m’appelle de temps en temps, de ses pics et pointes dressées vers le ciel. Tout en elle est vertical, cela m’aide à tenir debout, pour affronter ma réalité en méditant…Je vais partir, je me prépare, je me grandis mentalement vers ses sommets.
La mer, elle, viendra plus tard, quand j’aurai récupéré ma verticalité.
Alors je pourrai m’étendre parallèlement à l’horizon sans fin de l’océan, allongée mollement sur le sable chaud. Car la mer est horizontale. Elle m’aide à me rapprocher de mes rêves.

La vie est une grille de mots fléchés, de maux croisés, dont j’essaie d’éviter les cases noires.


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samedi 1 août 2015

Mangé

Légère et court vêtue ce matin je pars au marché, et jette mon dévolu sur de beaux abricots mûrs, dont je sens déjà dégouliner mentalement le jus dans mon gosier. Ces fruits, me dis-je, effaceront le péché de frites que je commis, pas plus tard qu’hier, à l’apéro. Des frites diaboliques, croustillantes, dorées à point, que je dévorai avec gourmandise en léchant le sel sur mes doigts.
Cependant que je discutais cinq minutes avec une rencontre, j’avais posé le sachet nylon qui me sciait les doigts, sur l’étal d’un fromager. Je me retourne et hop ! Un indélicat m’avait fauché mes abricots. Ô temps pourris ! ô Maurice...
Mes abricots !


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